Concile Vatican I, Dei Filius (Constitution dogmatique)
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Bien que la foi soit au-dessus de la raison, il ne saurait y avoir jamais de véritable désaccord entre la foi et la raison, attendu que le Dieu qui révèle les mystères et répand la foi en nous est le même qui a mis la raison dans l’esprit de l’homme et qu’il est impossible que Dieu se renie lui-même ou qu’une vérité soit jamais contraire à une autre vérité.
Marie-Dominique Chenu, Saint Thomas d’Aquin et la théologie
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Si Saint Thomas fait une étonnante confiance à la raison pour scruter les mystères de Dieu, c’est que la foi elle-même suscite et entretient cette curiosité en poursuite de la vision de son objet. L’unité de l’esprit, dans la sagesse contemplative, n’est donc pas compromise par ces discernements méthodologiques ; il n’y a pas deux vérités, une vérité de la raison et une vérité de la révélation, une vérité de l’histoire et une vérité de la foi chacune suivante son sort ; mais raison et révélation, histoire et foi, relèvent de statuts scientifiques différents, dont la confusion serait des unes et des autres la ruine commune.
Revue Kerygme n°1 (Pâques 2010)
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C’est la nature même du christianisme, sa prétention de vérité absolue qui convoque la raison comme condition nécessaire à l’approfondissement de la foi. Exclure Dieu de la raison, comme le fait le fidéisme, c’est refuser d’atteindre la foi réelle et par là rompre avec la nature même de la foi. Exclure la foi de la relation avec Dieu, à la manière rationaliste, est aussi une erreur dans la mesure où la relation de l’homme avec Dieu passe essentiellement par la Révélation. Or celle-ci n’est pas purement humaine : elle est une relation transcendantale pour l’homme et donc pour ses attributs, au premier rang desquels figure la raison. La Révélation dépasse la raison humaine, l’englobe et l’achève car elle est la raison divine. Elle permet en définitive le don de la raison à l’homme, dans la foi.
Matthieu Lavagna, Les travers de la zététique
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La foi joue un rôle central dans les croyances religieuses. Mais qu’est-ce que la foi ? D’après Thomas Durand, « avoir la foi a certainement un aspect romanesque, romantique, esthétique, c’est espérer au-delà du raisonnable qu’une idée impossible à prouver finalement, d’une manière ou d’une autre, vaincra. […] C’est se ranger du côté de toutes les superstitions, de la pensée magique, de l’obstination contre les faits, du rejet de la méthode, des galimatias gouroutisants, des promesses démagogues et des élans intégristes, c’est se livrer corps et biens au bon vouloir de cyniques manipulateurs ou de sincères illuminés dont la ferveur ne saurait remplacer la prudence, l’autocritique, le goût d’argumenter les pour et les contres. […] D’un point de vue épistémique, la foi n’est pas une vertu, pas plus qu’elle n’est un avantage pour examiner le monde de manière objective, efficace et rationnelle » (p. 337). Thomas Durand comprend mal ce que signifie « avoir la foi ». Selon lui, la foi reviendrait à « croire aveuglément sans rationalité dans ce qu’on espère être vrai ». Il reprend d’ailleurs la définition qu’en donne Ambrose Gwinnett Bierce : « Foi : croyance sans preuve dans ce qui est affirmé par quelqu’un qui parle sans savoir, ou qui pense sans comparer » (p. 277). « Le doute et la raison font partie du parcours de l’athée comme la foi et l’espérance appartiennent à celui du croyant » (p. 228). Ce qu’il ne semble pas comprendre, c’est que la foi n’est pas une croyance aveugle, mais plutôt un acte de confiance qu’on décide librement de faire en quelqu’un. Et pour faire cet acte, il faut de bonnes raisons. Si je dis à mon fils « j’ai foi en toi, tu vas y arriver », cela signifie que j’ai confiance en lui et en ses capacités. Cela n’implique pas que je croie aveuglément qu’il va réussir. Je peux avoir de très bonnes raisons de penser que mon fils va avoir du succès (par exemple, de bonnes notes à l’école) et dire quand même que j’ai foi en lui. L’épistémologue Timothy McGrew prend l’analogie suivante pour parler de la foi : vous vous apprêtez à sauter en parachute depuis un avion avec un moniteur. La probabilité que vous vous en sortiez est très haute. Rationnellement, vous savez que vous avez 99,99 % de chances d’atterrir sain et sauf. Mais avant de vous jeter de l’avion, il vous faut quand même cet « acte de foi » en la qualité du moniteur et de son matériel. Cette analogie démontre bien qu’avoir la foi, ce n’est pas croire aveuglément. C’est plutôt un acte de confiance et d’espérance qui, pour être sérieux, doit être fondé rationnellement. C’est là le point clé que Thomas Durand ne comprend pas lorsqu’il affirme qu’avoir la foi consiste à « se ranger du côté de toutes les superstitions, de la pensée magique, de l’obstination contre les faits ». Dès lors qu’on a compris que la foi ne consiste pas à croire aveuglément, mais bien à faire confiance à quelqu’un, on comprend alors que celle-ci n’est pas épistémiquement mauvaise et qu’elle est même le fondement de nos croyances quotidiennes. À ce titre, Thomas Durand a certainement « foi » en la compétence des experts dans de nombreux domaines : « Nous devons négocier cognitivement avec le monde et déléguer une partie de la connaissance vers des référents, des experts auxquels nous faisons confiance. Nous leur déléguons le soin de savoir pourquoi X est vrai, tandis que nous nous contentons d’admettre la véracité de X » (p. 261). Avoir foi en quelqu’un n’est donc pas contraire à la raison, si nous avons de bonnes raisons de croire en cette personne. Or, s’il est possible de montrer l’existence de Dieu, alors il est manifeste qu’il n’est pas irrationnel d’avoir foi en lui. Avoir foi en Dieu serait irrationnel si et seulement si l’on pouvait démontrer son inexistence ou découvrir de bonnes raisons de ne pas lui faire confiance.
Saint Augustin, Lettre 120
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Tu m’écris qu’il faut saisir la Vérité par la foi plutôt que par la raison. D’après ce que tu dis, tu devrais préférer, et surtout à propos de la Trinité, question de foi par excellence, te contenter de suivre, l’autorité des saints au lieu de m’en demander, à moi de t’en donner, à force de raisons, l’intelligence. Quand je m’efforcerai de t’introduire dans l’intelligence de ce grand mystère – ce que je ne pourrai réussir qu’avec l’aide de Dieu -, que ferai-je sinon t’en rendre raison, dans la mesure du possible ? Si donc tu te crois bien fondé de recourir à moi, ou à tout autre maître, pour comprendre ce que tu crois, corrige ta formule : il ne s’agit pas de rejeter la foi, mais de chercher à saisir par la lumière de la raison ce que tu possèdes déjà fermement par la foi. Que Dieu nous garde de penser qu’il haïsse en nous ce en quoi il nous a créés supérieurs aux autres animaux ! À Dieu ne plaise que la foi nous empêche de recevoir ou de demander la raison de ce que nous croyons ! Nous ne pourrions pas même croire si nous n’avions pas des âmes raisonnables. Dans les choses qui appartiennent à la doctrine du salut et que nous ne pouvons pas comprendre encore, mais que nous comprendrons un jour, il faut que la foi précède la raison : elle purifie ainsi le cœur et le rend capable de recevoir et de supporter la lumière de la grande raison. Aussi est-ce la raison même qui parle par la bouche du Prophète quand il dit : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas » (Isaïe VII. 9) ! Par où il distingue les deux choses, nous conseillant de commencer par croire, afin de pouvoir comprendre ce que nous croirons. Ainsi c’est la raison qui veut que la foi précède (si ce que dit le Prophète n’était pas selon la raison, il serait contre, ce que Dieu nous garde de penser !) Si donc il est raisonnable que la foi précède la raison pour accéder à certaines grandes vérités, il n’est pas douteux que la raison même qui nous le persuade précède elle-même la foi : ainsi il y a toujours quelque raison qui marche devant.
Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique (Ia, Question 2, Article 8)
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Il est certain que notre doctrine doit user d’arguments d’autorité ; et cela lui est souverainement propre du fait que les principes de la doctrine sacrée nous viennent de la révélation, et qu’ainsi on doit croire à l’autorité de ceux par qui la révélation a été faite. Mais cela ne déroge nullement à sa dignité, car si l’argument d’autorité fondé sur la raison humaine est la plus faible, celui qui est fondé sur la révélation divine est de tous le plus efficace. Toutefois la doctrine sacrée utilise aussi la raison humaine, non point certes pour prouver la foi, ce qui serait en abolir le mérite, mais pour mettre en lumière certaines autres choses que cette doctrine enseignée. Donc, puisque la grâce ne détruit pas la nature, mais la parfait, c’est un devoir, pour la raison naturelle, de servir la foi.
Abbé Auguste Boulenger, Manuel d’apologétique
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Objection : D’après les rationalistes, il y aurait incompatibilité entre la foi et la raison. Non seulement entre les deux aucun rapport ne saurait s’établir, mais, en requérant l’adhésion à des mystères, c’est-à-dire à des vérités qui dépassent, et même, déconcertent l’intelligence, la foi se met en contradiction absolue avec la raison, si bien qu’on ne peut croire sans abdiquer ta raison. Réponse : Nous avons déjà établi ailleurs les rapports entre la foi et la raison, et nous avons constaté que la prétendue opposition invoquée par les rationalistes n’existe pas. « Bien que la foi soit au-dessus de la raison, dit le concile du Vatican, il ne saurait pourtant y avoir jamais de véritable désaccord entre la foi et la raison. Car le Dieu qui révèle les mystères et répand la foi en nous étant le même que celui qui a mis la lumière de la raison dans l’esprit de l’homme, il est impossible que Dieu se renie lui-même ni qu’une vérité s’oppose à une autre vérité. » Ainsi, d’après la doctrine catholique, trois traits caractérisent les rapports entre la foi et la raison. — a) La foi et la raison sont deux principes de connaissance distincts. — b) Loin d’être en désaccord, ils doivent se prêter un mutuel concours. — c) Là où les deux principes se rencontrent, la foi est au-dessus de la raison. – A) LA FOI ET LA RAISON, PRINCIPES DISTINCTS : La foi et la raison sont deux principes de connaissance distincts, deux voies, deux lumières données par Dieu à l’homme pour atteindre le vrai. D’où il suit que chacune a son domaine respectif. Le domaine de la foi, ce sont toutes les vérités de la révélation, parmi lesquelles les unes, — les mystères, — sont inaccessibles à la raison, tandis que les autres lui sont accessibles et n’ont été révélées par Dieu que pour être connues avec certitude de la masse des hommes qui autrement les aurait ignorées ou mal connues. Le domaine de la raison, ce sont les vérités, — sciences physiques, naturelles, histoire, littérature, etc., -— que la raison, seule et par ses propres forces, peut découvrir, où elle n’entre pas en contact avec la révélation, où par conséquent elle est maîtresse absolue et n’a pas à subir le contrôle de l’Église. – B) PAS DE DÉSACCORD, MAIS MUTUEL CONCOURS : S’il est vrai que les deux principes viennent de Dieu comme l’affirme la doctrine catholique, comment pourraient-ils être en désaccord ? Comment le vrai pourrait-il s’opposer au vrai ! Et non seulement il n’y a pas, il ne peut y avoir de désaccord entre la foi et la raison, mais elles se prêtent un mutuel concours. La raison précède la foi, elle lui prépare le terrain, elle construit les fondements intellectuels sur lesquels elle doit reposer. Puis, quand la foi est en possession de la vérité révélée, c’est encore la raison qui scrute et analyse, pour les rendre intelligibles, autant que faire se peut, les vérités qu’elle croit. À son tour, la foi éclaire la raison : elle l’empêche de s’égarer à travers la multiplicité des systèmes faux et condamnés par l’Église. Elle stimule et élève la raison en lui ouvrant de nouveaux horizons, en proposant à ses investigations le vaste champ des vérités surnaturelles. – C) LA FOI EST SUPÉRIEURE À LA RAISON : Qu’on ne se méprenne pas sur le sens de cette expression. Nous avons dit plus haut que la raison a son domaine propre sur lequel elle est maîtresse absolue. La subordination de la raison à la foi dont nous parlons ici ne concerne donc que le terrain mixte, et le terrain réservé à la foi. Sur le terrain mixte, c’est-à-dire dans les vérités qui, tout en relevant de la raison, appartiennent au domaine de la foi, parce qu’elles ont été révélées par Dieu, — par exemple, l’existence et la nature de Dieu, l’existence et la nature de l’âme, la création du monde, etc., — la raison doit se conformer aux enseignements infaillibles de l’Église, et reconnaître ses erreurs s’il y a lieu. À plus forte raison dans le domaine supérieur où se trouvent les mystères qui la dépassent, la raison est obligée à une sujétion plus grande. Là, elle n’est réellement qu’un instrument ; c’est ce que signifie cet adage que « la philosophie est la servante de la théologie ». Il s’agit de la philosophie raisonnant sur les mystères. Et si cette expression, qui choque tant les philosophes modernes, était si souvent employée au moyen âge, c’est parce que c’était cette partie de l’exercice de la raison qui semblait la plus importante et sur laquelle se fixait l’attention. La science n’existait encore qu’à l’état d’embryon ; l’étude de la révélation divine paraissait l’étude la plus importante de toutes ; tout se rapportait à la théologie comme centre. Mais, objectent les rationalistes, les mystères, pour l’explication desquels vous réclamez le concours de la raison, sont absurdes. Prenez tous les dogmes fondamentaux de votre religion : un Dieu en trois personnes, le péché originel, un Dieu fait homme, la naissance virginale du Christ, la rédemption par la mort d’un Dieu sur une croix… Ne suffit-il pas de les énoncer pour constater qu’ils sont en contradiction avec la raison ? Assurément les mystères sont au-dessus de la raison, mais ils ne sont pas contre. Il est vrai qu’ils paraissent et même qu’ils sont en contradiction avec les lois de la nature, mais cela ne prouve pas qu’ils contredisent notre raison. Cette contradiction n’existe que lorsqu’on déforme les dogmes par des conceptions fausses et des termes impropres. Prenons un seul exemple que nous emprunterons au livre de Sully Prudhomme sur « La vraie religion selon Pascal ». Voici comment il expose le mystère de la Sainte Trinité, et la contradiction qu’il y relève : « Dire qu’il y a trois personnes en Dieu, c’est dire qu’il y a en Dieu trois individualités distinctes. D’autre part cependant, la formule du mystère déclare qu’il n’y en a qu’une, celle de Dieu même : le Père est Dieu, le Fils également ; le Saint-Esprit également ; les trois personnes divines ne sont qu’un seul et même être individuel. » — Si les théologiens présentaient le dogme sous cette forme, il est bien certain qu’il y aurait une contradiction dans les ternies. On ne saurait en effet concevoir trois individualités dans le même être individuel. Aussi n’est-ce pas ainsi qu’ils s’expriment. Laissant à Sully Prudhomme les termes ambigus d’ « individualités » et « d’être individuel », ils disent que le mystère de la Sainte Trinité consiste dans le fait d’une nature unique subsistant en trois personnes, en d’autres termes, qu’il n’y a en Dieu qu’une seule nature, mais que cette nature est possédée par trois personnes. Que le critique ne comprenne pas, nous n’en sommes pas surpris, mais vraiment la contradiction ne se trouve que dans sa formule. C’est donc celle-ci qu’il faut réviser. Conclusion : Ce que nous venons de faire pour le mystère de la Trinité, nous pourrions le faire et nous l’avons fait du reste pour les autres dogmes de la Religion catholique. Nulle part nous n’avons rencontré l’opposition entre la foi et la raison que voudraient y voir nos adversaires, et nous pouvons conclure que, si les dogmes dépassent la raison, ils ne la contredisent pas.
Jacques Monsabré, Conférences du Couvent de Saint-Thomas-d’Aquin de Paris
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N’avez-vous pas vu, dans un jour de fête publique, quelque nonne et forte fille du peuple prendre sa petite sœur dans ses bras et l’élever au dessus d’une foule de têtes curieuses, afin que l’enfant pût contempler à l’aise une majesté qui passait ? Voilà la foi ; elle aussi prend, dans ses bras robustes sa petite sœur la raison, et l’élève au-dessus du monde obscur de la nature, afin que l’enfant puisse contempler le monde lumineux de la nature.
Élie-Joseph Auclair, La foi catholique dans ses relations avec la raison et la volonté
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Le grand rôle de la raison c’est de préparer à la foi, c’est de défendre et de soutenir la foi, le rôle de la foi c’est de fortifier la raison, de l’élever à la surnature et cela non d’une façon particulière et pour un seul, mais d’une manière général et pour tous. La raison et la foi se soutiennent et s’harmonisent, ce sont deux rayons partis du même centre de lumière, toutes deux filles du ciel.
Louis de Bonald, Théorie du pouvoir politique et religieux
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On veut nous ramener sans cesse à la pure raison ; c’est à la seule raison que je m’adresse : on rejette l’autorité de la théologie et la certitude de la foi ; je n’invoque que l’autorité de l’histoire et le témoignage de nos sens : et la raison aussi conduit l’homme à la foi .
Monseigneur de Ségur, Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion
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La foi est à la raison ce qu’est le télescope à l’œil nu. L’œil, avec le télescope, voit ce qu’il ne peut apercevoir seul. Il pénètre dans des régions qui lui sont inaccessibles sans ce secours. Direz-vous que le télescope est contraire à la vue ? Telle est la foi. Elle ne fait que régler et étendre la raison. Elle la laisse s’appliquer à tout ce qui est de son ressort ; et là où viennent expirer ses forces naturelles, elle la prend, la relève et la fait pénétrer dans des vérités nouvelles, surnaturelles, divines, jusque dans les secrets de Dieu.
G.K.Chesterton, La Chrétienté à Dublin
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Un homme qui se fraie un chemin vers le catholicisme, à travers l’écheveau culturel des complexités modernes, doit penser avec plus d’acharnement qu’il ne l’a jamais fait. Il doit souvent affronter d’arides abstractions avec autant de rigueur que s’il étudiait les mathématiques. Il doit faire face aux aspects les plus plats et repoussants du devoir religieux, qui semble quelquefois la plus effroyable corvée du monde. Il doit découvrir tous les côtés par lesquels la religion paraît sordide, ou monotone, ou humiliante, ou pénible. Il doit éprouver toutes les séductions contraires du paganisme, assez du moins pour constater à quel point elles sont séduisantes. Mais par-dessus tout il doit penser, par-dessus tout il doit préserver son indépendance intellectuelle, par-dessus tout il doit employer sa raison. Il vaudrait mieux rejeter la foi que de l’accepter comme quelque chose de déraisonnable.
Bibliographie
- Richard Bastien, Cinq défenseurs de la foi et de la raison
- Louis de Bonald, Réflexions sur l’accord des dogmes de la religion avec la raison
- Marie-Christine Ceruti-Cendrier, Les vrais rationalistes sont les chrétiens
- Vidéothèque
- Matthieu Lavagna – Soyez rationnel, devenez catholique (Comment la raison amène à la foi)